En avril 2020 débute le Grand Séquestre, 4,5 milliards d'individus sont assignés à résidence et réduits à la condition de "grouillement virologique" : masque, attestation de sortie, passe sanitaire...Sous prétexte de sécurité du plus grand nombre s'étendent à toutes les sphères de l'existence des formes de surveillance carcérale. Olivier Chenam médite nos vies numérisées, nos corps arrimés à des appareils connectés. Un texte poignant et douloureux qui demande ce que peut valoir la survie assurée, s'il n'y a plus rien à vivre. À Camille, j'ai demandé où nous en étions avec les anges. À Mathilde, où nous en étions avec le communisme. À Nino, où nous en étions avec le désir. À Martin, où nous en étions avec l'amour. À Yohei, Charlotte, à tous les autres aussi, où nous en étions avec la technique et la solitude. Dans cette ère cybernétique qui assigne chacun à sa place, chez soi, il nous faut chercher des voies pour nous soustraire à l'enfermement, à la programmation et à l'oubli. Pour commencer, j'ai écrit des lettres à mes amis.