Pour la collection "Ma nuit au musée" Andrea Macolongo a été invitée à passer une nuit au musée de L'acropole. Cette helléniste jeune et déjà célèbre est invitée à passer une nuit au musée de l'Acropole, pour décrire ensuite ses sensations, pour la collection Ma nuit au musée. Elle y évoque le mystérieux dont le monument témoigne, et qui a marqué les croyances anciennes du pays, l'évolution de ce temple, le sauvetage de certaines parties et leur rétention par des pays étrangers, la symbolique forte et riche qui émane du lieu. Cette grande connaisseuse de la Grèce antique décrit sa vive émotion de se confronter à un tel lieu, dans des conditions aussi originales, et les pensées que les circonstances lui font naître, intellectuelles et plus subjectives. Ce lieu ayant marqué l'histoire grecque et européenne, il n'est pas vain de découvrir ce qui en émane. Ce livre fait donc rêver en en apprend. Il est donc utile et beau. « Fin mai 2022, j’ai acheté, dans un magasin parisien spécialisé dans les randonnées en montagne, un lit de camp, un sac de couchage et une lampe torche. Le lendemain, j’ai installé mon équipement d’alpiniste sur le sol froid du musée de l’Acropole à Athènes pour y passer une nuit de lune décroissante, entièrement seule. Comment arriverez-vous à dormir avec tous ces yeux de marbre qui vous fixent ? m’avait-on prévenue. Mais c’est une nuit dans un musée vide que je m’apprêtais à passer devant l’Acropole. À Athènes, il ne reste que des miettes : un pied de déesse, la main de Zeus, la tête d’un cheval. Nous avons tous dérobé quelque chose à la Grèce : ses idées, à partir desquelles nous avons forgé nos racines occidentales. Les marbres du Parthénon, arrachés à la pioche et envoyés en Angleterre par Lord Elgin au début du XIXe siècle. Dans ce vol collectif, je ne suis qu’un imposteur parmi d’autres : je ne suis pas grecque, je ne parle pas le grec moderne, et pourtant j’ai bâti ma vie et mon écriture sur ce vol. Ce soir, ce privilège sans précédent dans l’histoire du musée m’a pourtant été accordé, à moi, qui n’ai ni Homère ni Platon dans mon sac, mais la biographie de Lord Elgin. »A. M. Traduit de l’italien par Béatrice Robert-Boissier