Le problème de l'existence de Dieu peut-il être traité de manière rationnelle ? De fait, il a été abordé ainsi au Moyen Age par les théologiens, puis, au XVIIe siècle, par les philosophes. Mais le monde a changé et notre connaissance de l'Univers s'est totalement renouvelée. Comment cette connaissance scientifique de l'Univers, de son histoire, de son évolution, permet-elle aujourd'hui de traiter le problème ? C'est ce que l'auteur examine ici. Ses conclusions sont nettes : pour une méditation philosophique qui tient compte du réel, c'est-à-dire du monde en sa structure, son histoire et son développement, l'athéisme est inévitablement un panthéisme, et ce panthéisme est de type mythique. Une cosmologie athée est impossible, impensable. La réflexion rationnelle poussée jusqu'au bout, à partir d'une connaissance lucide de l'Univers, ne peut se dérober devant une réponse au problème de l'Etre, c'est-à-dire en fin de compte de Dieu. La notion d''âme est-elle périmée, et relève-t-elle du musée des antiquités? Si le problème que soulève cette notion semble aujourd'hui si confus, c'est qu'il est lié à une quantité de traditions et de doctrines qui se sont mêlées à travers l’histoire de la culture, depuis l’orphisme, le platonisme, le néo-platonisme, et les spéculations gnostiques. L'anthropologie cartésienne a pris le relais de l’anthropologie platonicienne. L'analyse aristotélicienne n'a guère été comprise pendant de longs siècles, sauf par les aristotéliciens chrétiens du XIIIe siècle. La pensée biblique et néotestamentaire concernant la chair et l’esprit a été souvent mal interprétée. Dans une première partie, Tresmontant rappelle brièvement la structure et le contenu de ces différentes traditions de pensée, en ce qui concerne l’âme et le problème des rapports entre l’âme et le corps. Dans une seconde partie, il aborde le problème pour lui-même : cette notion d'âme correspond-elle à quelque chose de réel, que l’analyse positive retrouve, si elle procède à partir de ce que nous savons aujourd'hui de l’organisme? Si l’âme est bien quelque chose, une substance, peut-on espérer qu'elle a un avenir ? Qu'en est-il du problème de l’immortalité, et du problème de la résurrection? Ce sont ces problèmes que l’auteur aborde d'une manière qui, sans aucun doute, dérange des habitudes intellectuelles.